BUDGET FÉDÉRAL 2017 : « LES RÉGIONS NE SONT PAS UNE PRIORITÉ DU GOUVERNEMENT TRUDEAU » - KARINE TRUDEL

22 mars 2017

SAGUENAY  –  Un an jour pour jour après le premier plan financier du gouvernement libéral de Trudeau, c’était jour de budget à Ottawa aujourd’hui, avec le dépôt du second effort du ministre Morneau à la Chambre des communes. Après un premier survol des points touchant particulièrement le Saguenay—Lac-Saint-Jean, la députée de Jonquière, Karine Trudel, s’est dit peu impressionnée par le degré d’implication du gouvernement envers les régions et par son manque de sensibilité à l’égard de leurs problématiques spécifiques. Voici les faits saillants après analyse préliminaire.

 

QUELQUES MESURES INTÉRESSANTES

 

La députée de Jonquière accueille d’abord favorablement les investissements en logements « abordables » et espère qu’une part importante des cinq milliards sur 11 ans prévus (p. 153) sera investie dans la région, où les besoins sont criants.

 

Elle accueille également les nouvelles mesures d’améliorations à l’assurance-emploi, comme pour les aidants naturels ou les congés maternité (pp. 69 et suivantes). Par contre, pour Karine Trudel, « ces nouvelles améliorations sont très loin de constituer un progrès assez significatif pour dire que la lutte vers un régime s’assurance-emploi équitable est terminée. Il faudra continuer de nous battre et forcer le gouvernement à aller plus loin sur cet enjeu, notamment au niveau du seuil d’accessibilité et des semaines de prestations. »

 

FORESTERIE

 

Par contre, du côté du secteur forestier, le budget 2017 laisse en plan les quelques 11 000 travailleurs et travailleuses de la région qui dépendent leur emploi dépend directement ou indirectement de cette activité.

 

« L’an dernier, j’ai souligné l’absence de mesures pour l’innovation dans le secteur forestier et je dois malheureusement me répéter cette année. Les libéraux ont récemment mis un groupe de travail en place pour coordonner les efforts dans le domaine de la forêt entre le fédéral et les provinces, mais il n’annonce aujourd’hui aucun argent neuf, outre un mince programme de moins de 40 millions de dollars sur 4 ans, mais seulement à partir de 2018-2019 (p. 146) », de s’exprimer la députée.

 

De plus, alors que l’industrie, les travailleurs et les intervenants du secteur forestier réclament depuis des mois un programme de garanties de prêts au gouvernement fédéral dans le dossier du bois d’œuvre, aucune mesure ou réserve n’a été incluse dans le budget 2017 pour prévoir l’arrivée de la surtaxe américaine, fin avril.

 

« Dans le domaine de la forêt, ce n’est pas compliqué : il faut protéger les assises actuelles, tout en préparant l’avenir en terme d’utilisation de la fibre. Pour le moment, le gouvernement ne fait ni l’un, ni l’autre. Dans le dossier du bois d’œuvre, il attend que l’élastique casse avant de gérer les dommages, alors qu’en innovation, il refuse de s’attaquer à l’avenir de l’industrie. »

 

INFRASTRUCTURES

 

Concernant le programme d’infrastructures promis par le gouvernement lors de la dernière campagne électorale, alors que les effets tardent à se faire sentir, le gouvernement Trudeau semble vouloir poursuivre avec son plan de privatisation des grands chantiers via la Banque d’infrastructures, et ce, pour des projets qui concerneront vraisemblablement d’abord et avant tout les grandes villes.

 

« Une Banque comme celle que le gouvernement souhaite créer ouvrira la porte à deux choses. D’abord, la capitalisation du gouvernement consistera en un détournement des fonds qui, autrement, auraient pu se retrouver dans des programmes plus accessibles aux régions et aux petites municipalités. Ensuite, il faudra bien que ces « infrastructures » offrent un retour sur investissement, ce qui signifie péages, tarifs et coûts supplémentaires pour les utilisateurs », de préciser Mme Trudel.

 

Le gouvernement a bien annoncé un nouvel investissement pour les infrastructures rurales et nordiques (p. 149), mais à 2 milliards sur 11 ans, l’investissement semble minime par rapport aux 20,1 milliards pour le transport en commun et sur la même période (p. 135).

 

CHASSEURS ET BRISE-GLACES

 

Sur la question de la base de Bagotville, la députée aurait aimé que le gouvernement annonce un plan ou un processus concret pour le renouvellement à long terme de la flotte de chasseurs, au lieu de simplement préciser qu’ils allaient le faire éventuellement (p. 216).

 

À l’inverse, dans le dossier des brise-glaces, nous faisons face à un déficit de capacité inquiétant et le gouvernement semble incapable de prendre les mesures nécessaires rapidement.

 

« J’ai écrit au ministre Leblanc au début du mois de mars lui demandant ce que son gouvernement compte faire, à court terme, pour garantir le service sur le Saguenay, mais je n’ai toujours pas obtenu de réponse, ni par courrier, ni dans ce budget. On sait que Travaux publics et services gouvernementaux Canada a lancé une demande d’information publique sur ce sujet, mais ma crainte est que ce processus sera extrêmement long. J’aurais aimé avoir des engagements rapides, du leadership de la part du gouvernement dans ce dossier », a précisé Mme Trudel.

 

QUELQUES AUTRES DOSSIERS RÉGIONAUX

 

Centre fiscal : Le plus gros problème actuel est Phénix. Alors que de nombreux employés et retraités de la région éprouvent de graves problèmes dans leur dossier, le gouvernement ne semble pas avoir inclus dans le budget un fonds spécial pour embaucher des spécialistes pour traiter les dossiers.

 

Producteurs laitiers : le gouvernement a failli à sa tâche pour le programme de compensations suite à la signature de l’entente de libre-échange avec l’Europe, en proposant un programme d’innovation de 250 millions au lieu des 750 millions de compensations réclamées. Idéalement, le budget aurait prévu un véritable programme de compensations, mais le gouvernement n’a pas cru bon de corriger la situation dans le budget 2017.

 

PME : La promesse des libéraux de baisser le taux d’imposition des PME de 11% à 9% n’a toujours pas été respectée dans le budget 2017.

 

Bref, pour la députée de Jonquière, le budget 2017 semble à première vue faire preuve d’un excès de prudence au détriment du développement des régions.

 

« La semaine dernière, on apprenait que le gouvernement gouvernait par sondage, en gérant son image plutôt que de vrais enjeux. Ma première impression est que ce budget est un bon exemple de cette forme de gestion : on reste vague, on introduit des mesures légères et on favorise les zones urbaines qui ont un poids démographique important, au détriment des régions », de conclure Mme Trudel.

 

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